Comment puis-je au mieux préparer ma défense ?

    Effectivement, une défense, ça se prépare ! Quel que soit le degré de gravité de votre affaire, il est nécessaire de vous être préparé pour le moment où vous allez être appelé à la barre par le juge. Il y a des procédures où votre présence n’est pas obligatoire, et où tout repose sur le travail exclusif de votre avocat. Mais il y a des procédures où votre présence est obligatoire, ou très vivement conseillée: ainsi vous êtes obligé d’être personnellement présent à l’audience de conciliation devant le juge aux affaires familiales dans le cadre d’une procédure de divorce, de même qu’à l’audience de conciliation, en matière de licenciement devant le Conseil de Prud’hommes. Même si vous pouvez vous faire représenter par un avocat, il est préférable de venir avec celui-ci si vous êtes convoqué devant le tribunal correctionnel ou devant le juge aux affaires familiales dans les procédures de divorce, ou les procédures concernant les relations entre concubins. Bref, il y a un certain nombre d’occasions où vous allez rencontrer votre juge, même si vous avez votre avocat à côté de vous. Et sachez que le juge, même s’il est tenu par l’obligation de réserve, c'est-à-dire l’obligation de ne pas manifester son opinion, élabore cette opinion au cours des débats. Bien souvent, surtout si votre affaire est complexe, il mettra sa décision en délibéré, c'est-à-dire qu’il ne rendra sa décision qu’à l’issue d’un délai de réflexion de 15 jours ou d’un mois. Durant ce délai, il étudiera le dossier que votre avocat aura préparé à son attention. Ce dossier dit ‘de plaidoirie’ comportera les conclusions (argumentation écrite) et les pièces. Mais même s’il ne se souviendra pas forcément de tous les détails de l’audience, le juge gardera également ce qu’il est convenu d’appeler une ‘impression d’audience’, d’où la nécessité de ne pas négliger votre prestation. Une défense donc, ça se travaille, en concertation avec son avocat.

    Deux manières pour préparer sa défense

    Il vous faut tout d’abord préparer ce que vous allez dire. Construire un résumé des faits clair, cohérent, synthétique est essentiel pour convaincre un juge. Cela ne s’improvise pas et doit être longuement réfléchi et répété. Chaque mot a son sens, il convient donc d’être précis sur les termes employés, de lever le voile sur toutes les zones d’ombre du dossier qui pourraient laisser planer le doute sur votre innocence. Il est important que vous disiez exactement ce que vous avez à l’esprit, que le juge comprenne clairement ce que vous lui dites, et qu’il entende bien ce que vous lui dites et non pas ce qu’il croit entendre. Soyez clair !

    Mais il vous faut aussi soigner la façon dont vous allez le dire. On n’insistera jamais assez sur l’importance de la forme. Ce que vous dites est certes important, mais la façon dont vous le dites l’est tout autant, si ce n’est davantage. Soignez également votre tenue (vêtements, maintien,…) lors de l’audience. Restez naturel, et évitez toute excentricité.

    Il est paradoxalement parfois plus difficile de défendre un client parfaitement innocent, qu’un client dont les actions sont plus douteuses mais qui sait se présenter sous un jour favorable lors de l’audience. Lorsqu’une personne est à l’inverse sûre de sa bonne foi, et se sait dans son bon droit, elle peut avoir tendance à prendre de haut les remarques qui lui sont faites, et donner ainsi une mauvaise image au juge. Cela peut arriver beaucoup plus vite que vous ne le croyez, par exemple face à de très jeunes juges qui occupent souvent les postes de juges aux affaires familiales, ou juges d’instruction, ou juges des enfants. Certains sortent directement de l’école quand vous les rencontrez, ils ont 25 ans, vous 50, ces juges ont l’âge de vos enfants ! Certains manquent du tact le plus élémentaire, et se croient autorisés à faire la leçon à des adultes qui ont le double de leur âge, sur la façon d'éduquer leurs enfants par exemple. Franchement cela peut être très agaçant. C’est alors à votre avocat d’intervenir si les limites sont dépassées. Si vous avez un bon avocat, il le fera, car il est du devoir de l’avocat de ne jamais laisser son client se faire humilier et être victime sous ses yeux d’un excès de pouvoir. Lorsque le calme sera revenu, reprenez la parole le plus tranquillement du monde. De telles incorrections de la part d’un juge restent heureusement très rares, mais ce qui arrive plus souvent, c’est de rencontrer un juge quelque peu agacé, ou simplement fatigué. Certains juges ont en effet des journées d’audiences à peine interrompues par un court déjeuner. Quand vous arrivez, vous pouvez être la dixième personne de la matinée à raconter au juge l’histoire de votre vie. Et il peut arriver que celui-ci soit las d’écouter votre histoire, et qu’il manifeste sa lassitude : il regarde sa montre, tapote sur son bureau,... Ne vous départez en aucun cas de votre calme, et allez à l’essentiel. Si le juge vous pose des questions, vos réponses doivent être courtes et précises. Le juge vous en saura gré.

    Soignez également les premières impressions que le juge aura de vous. Outre l’idée qu’il s’est fait sur vous à travers votre dossier, il vous jugera aussi sur votre démarche, votre tenue vestimentaire, puis le timbre, la tonalité de votre voix.

    Derniers conseils :

Regardez le juge dans les yeux lorsque vous vous entretenez avec lui

Soyez détendu, nulle raison que vous soyez mal à l’aise si vous vous êtes correctement préparé

Evidemment, arrivez à l’heure, un juge n’a pas que votre dossier à traiter dans une journée. En revanche, vous, attendez vous à l’attendre, car de façon incroyable, l’administration judiciaire est encore l’une des rares à convoquer à la même heure tous les justiciables devant comparaître.

    Gardez toujours à l'esprit que ce n’est pas parce que vous avez raison que le juge va vous croire d’emblée. Donc lorsque vous arriverez devant le juge, pensez à ne rien négliger. Tout compte, même ce qui peut vous sembler anecdotique.

Maître Leduc-Novi


© Cabinet d'avocats Leduc-Novi 2005-2008 | Avocats à Lille

58 avenue du peuple belge, 59800 Lille

Tél: 03 20 51 30 21 - Fax: 03 20 51 30 67 - Email: jacqueline.leduc-novi@wanadoo.fr